L'herboristerie de Madame Faust

Entre temps, l’instituteur avait donné un nom à sa découverte qu’il avait baptisée Gravelline et fait une communication à l’Académie des Sciences. Cette communication devait d’ailleurs rester sans réponse et lorsque, dix ans plus tard, ses héritiers et continuateurs demanderont à la docte assemblée le texte de ce document on leur certifiera qu’il est effectivement Inscrit dans les archives de la compagnie, mais on refusera de leur communiquer sous le prétexte qu’ils pourraient s’en servir à des fins publicitaires ! La réputation de la Gravelline n’aurait peut-être pas dépassé les limites de la province roussillionnaise si, aux alentours de 1928, un jeune boursier parisien Mr Faust, n’avait été amené à l’essayer. Sportif, dynamique, Mr Faust, avait contracté, à la suite d’un bain froid en mer, une sciatique double qui depuis six mois, le faisait horriblement souffrir. Il n’était plus que l’ombre de lui-même, ne se déplaçait qu’en taxi, ne pouvait monter une marche sans aide, devait se laisser habiller et déshabiller comme un entant et, au moindre mouvement, grimaçait de douleur. Inutile de dire que le malade avait essayé, en vain, toutes les thérapeutiques connues, salicylate, bains, massages, rayons, etc. Sans le moindre résultat. A trente-deux ans, il y avait de quoi désespérer. C’est alors qu’un ami lui conseille d’essayer la Gravelline. Sceptique, mais ne sachant plus à quel saint se vouer, le malade accepte. Les deux premiers jours. Ses douleurs s’amplifient, il insiste néanmoins. Bien lui en prend, puisque, au sixième jours d’une cure énergique, il marche seul et sans souffrance. Quelques jours plus tard, l’amélioration se transforme en guérison totale ; toute douleur a disparu et Mr. Faust a retrouvé son activité, son dynamisme d’autrefois. Il fait alors, à la Bourse, figure de miraculé ; ceux qui, la semaine précédente, le voyaient se traîner péniblement et qui le retrouvent alerte et ingambe n’en croient pas leurs yeux. Ils veulent connaître les causes de cette surprenante guérison et, pour ceux qui souffrent, essayer cette extraordinaire thérapeutique : Mr. Faust assure inlassablement la liaison entre l’inventeur roussillonnais et les malades. Tant et si bien que Mr Domenach, pour simplifier les choses, lui demande d’être son dépositaire à Paris. Le hasard fait parfois bien les choses ; Il se trouve que Mme Faust possède un diplôme d’herboriste, c’est donc elle qui, désormais, assurera la liaison officielle entre les malades et l’inventeur.

Suite de l'histoire de La Gravelline

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