Monsieur Domenach et l'Aubier de Tilleul

La pharmacopée moderne, riche de formules chimiques compliquées mais peu efficaces ignore de plus en plus les simples que la nature, qui fait bien ce qu’elle fait a très souvent mis à coté du mal. C’est un fait doublement regrettable. Car, outre qu’ils n’apportent au malade qu’un soulagement illusoire, les médicaments chimiques ont presque toujours, à la longue, une influence générale néfaste sur l’organisme.

Si on prend, par exemple, la grande armée des rhumatisants, ont peut affirmer qu’il n’existe, dans l’arsenal des thérapeutiques qui leur sont proposées, aucun médicament réellement efficace et susceptible de leur apporter la guérison. Par contre, la plupart des rhumatisants s’intoxiquent et s’empoisonnent lentement à essayer les unes après les autres, et souvent en quantités dangereuses, les «spécialités» ou remèdes-miracles que les laboratoires astucieux leur proposent pour calmer leurs souffrances. Pourtant le remède ou plus exactement l’antidote des rhumatismes est dans la nature, à portée de la main, si l’on peut dire, de l’homme qui souffre. Encore faut-il savoir le découvrir.C’est à un modeste instituteur du Roussillon, Mr Domenach, que l’on doit cette découverte qui remonte déjà à une quarantaine d’années, mais qu’une sorte de conspiration du silence a maintenue jusqu’ici sous le boisseau.Esprit curieux et chercheur né, Mr Domenach, qui exerçait à Arles-sur-Tech, était atteint de gravelle et c’est en essayant de se guérir de cette douloureuse affection qu’il devait, en 1916, découvrir les remarquables propriétés de l’aubier de tilleul sauvage.

Certes, l’aubier de tilleul est depuis fort longtemps connu en pharmacie et en herboristerie, mais le grand mérite de Mr Domenach devait être la découverte d’une espèce particulière de tilleul sauvage et surtout d’une «technique» réglant la récolte de l’aubier et conditionnant précisément ses propriétés thérapeutiques. Il n’y a d’ailleurs, en l’occurrence, aucun secret. Il s’agit de tilleuls sauvages poussant dans la région du Roussillon entre 800 et 900 mètres d’altitude, et qui ont au moins vingt ans d’âge. La récolte de l’aubier doit obligatoirement être faite à deux époques précises de l’année, au moment de la montée de la sève.Il est ensuite détaché de l’écorce et séché. L’arbre, bien entendu, est sacrifié. Seul l’aubier récolté dans ces conditions possède les propriétés thérapeutiques dont Mr Domenach devait être le premier à éprouver l’efficacité. Guéri radicalement, il fit profiter son entourage de sa découverte et, bientôt les rhumatisants, les goutteux, prirent l’habitude de venir régulièrement lui demander de l’aubier de sa récolte.

Suite de l'histoire de La Gravelline

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